lat. 44.84102097157541
long. 6.773843765258789

Col de Chaudemaison

De Cervières, suivre la route D902 en direction du col de l’Izoard jusqu’au hameau le Laus. De là s’engager à gauche par le petit pont pour accéder à la vallée du Blétonnet et suivre cette piste accessible pour les voitures sur 3 km environ. Emprunter le large chemin pédestre en rive droite qui monte en lacets à la bergerie du Balais. Monter ensuite par les prairies et éboulis vers l’Est en direction de la Turge de la Suffie puis la contourner par le Nord pour accéder au col de Chaudemaison.

 

La série stratigraphique piémontaise du col de Chaudemaison

Le chaînon de Rochebrune se dresse sur le Queyras schisteux. Il fait partie d'une frange occidentale étroite et discontinue de marge continentale (nappes piémontaises) qui a constitué les massifs dolomitiques triasiques. Il domine sur son versant oriental la rive gauche de la haute vallée de la Cerveyrette, et se termine du côté méridional par des abrupts orientés E-W (perpendiculaire à son allongement), du pic de Rochebrune jusqu'à celui de Côte-Belle.

Schéma du chaînon de Rochebrune vu de l'Arpelin

Les dolomies du Trias sont surmontées de calcaires, calcschistes, schistes et brèches du Jurassique inférieur et moyen (c). L’ensemble est découpé par des failles normales (F) à pendage sud, indiquant un allongement dans le sens N-S, et rétrocharrié sur les calcschistes (cs) de la fenêtre de Cervières-Blétonnet, constitués de terrains ligures d’origine océanique (Schistes lustrés).

Les unités présentes ici appartiennent au domaine Piémontais. Ce sont des sédiments de la marge continentale européenne de l’océan Alpin, déposés dans le bassin à l’est de l’île Briançonnaise.

Schéma de la coupe du col de Chaudemaison

1 : soubassement dolomitique Triasique (220 Ma). Grandes dalles grises à pendage NW.

2 : calcaires en gros bancs alternant avec quelques bancs de dolomies (transition Trias-Jurassique, 200 Ma)

Le Jurassique inférieur est discordant sur les dolomies. Il se compose de calcaires et marnes hémipélagiques succédant aux dépôts de plate-forme du Trias et de l'Hettangien. L'approfondissement brutal du milieu de dépôt est marqué par un encroûtement ferrugineux puis un changement de faciès.

3 : calcaires gris foncé en bancs de 5 à 50 cm séparés par des lits de calcschistes. Ils sont affectés de nombreux plis, ainsi que de la schistosité (parallèle au plan de symétrie des plis).

Ces couches sont datées au Jurassique inférieur (190 Ma) par de rarissimes ammonites rencontrées dans d’autres localités.

4 : Au-dessus de quelques mètres de calcschistes gris, apparaît un ensemble de couches calcaires et schisteuses comprenant de nombreuses intercalations de brèches et microbrèches jaunâtres, en bancs de quelques cm à quelques dm, souvent très fortement plissés. Les bancs du bas contiennent essentiellement des fragments de dolomies et calcaires du Trias et Jurassique inférieur. Les plus élevés contiennent aussi des micaschistes et des grains de quartz du Permien. Ils sont granoclassés.

Les éléments qui constituent les brèches sont plus anciens dans les bancs supérieurs que dans les bancs inférieurs. Ils sont donc issus d’une érosion progressive de couches déjà en place, temporellement antérieures à la formation de ces brèches (érosion des couches les plus récentes aux couches les plus anciennes, dolomies et calcaires puis roches métamorphiques anciennes du socle).

Ces brèches sont interprétées comme les dépôts des produits de l’érosion de l’île Briançonnaise, et constituent un argument supplémentaire à l’existence de cette île.

Le granoclassement renseigne une mise en place sous-marine des dépôts.

Schéma de lîle Briançonnaise au Jurassique